Soft Machine, Robert Wyatt et la scène de Canterbury: un regard différent sur le rock dans les années 1960 et 1970 (Call for papers, Université de Strasbourg, 19-20 Novembre, 2020)

Soft Machine, Robert Wyatt et la scène de Canterbury: un regard différent sur le rock dans les années 1960 et 1970 (Call for papers, Université de Strasbourg, 19-20 Novembre, 2020)

Colloque international et interdisciplinaire, Strasbourg.

Soft Machine, Robert Wyatt et la scène de Canterbury : un regard différent sur le rock dans les années 1960 et 1970.

Approches musicologiques, culturelles, sociologiques et littéraires.
(English on page 3)

Jeudi 19 novembre 2020 après-midi, Salle du Fossé des Treize – vendredi 20 novembre 2020 matin et après-midi, Amphithéâtre du Collège Doctoral Européen ;
Concert le 19 novembre à 20h30 autour de John Greaves, Salle du Fossé des Treize.

Organisateurs: Pierre Michel (professeur à l’Université de Strasbourg, saxophoniste) et Jacopo Costa (docteur de l’Université de Strasbourg, percussionniste)
Comité scientifique: Jacopo Costa, Philippe Lalitte, Pierre Michel, Nicolò Palazzetti
Keynote speakers: Vincenzo Caporaletti, Aymeric Leroy

Disciplines: Popular Music Studies, Musicologie, Sociologie, Cultural Studies, Littérature comparée.
Durée envisagée: trois séances d’une demi-journée
Partenaires sollicités: ACCRA, GREAM, Jazzdor

Présentation

L’expression « scène de Canterbury » désigne un ensemble de groupes et de musiciens de rock, anglais pour la plupart, actifs à partir de la fin des années 1960 et pendant les années 1970. La ville de Canterbury, dans le Kent, fut le lieu où plusieurs des musiciens en question, encore adolescents, se rencontrèrent et commencèrent à collaborer ; à partir de ce premier noyau, plusieurs groupes et projets musicaux se développèrent ici et là, tels que Soft Machine, Caravan, Gong, Matching Mole, Hatfield and The North, National Health, ou encore les premiers projets solistes de Robert Wyatt.

Du point de vue musical, la diversification stylistique des groupes de Canterbury est telle qu’il semble difficile de parler d’un véritable genre de musique unitaire : en effet, le rock ne représente qu’une koïné linguistique à partir de laquelle les artistes en question recherchent leurs propres langages, en passant par le psychédélisme et les montages sonores, en s’inspirant tantôt du free jazz, tantôt d’une écriture proche du minimalisme, ou encore en choisissant les chemins d’un songwriting pop teinté d’humour.

Les points communs de cette « scène » (les guillemets s’imposent) sont à chercher plutôt en dehors des traits stylistiques proprement dits : tout d’abord dans l’existence d’un réseau de relations (humaines en premier lieu, puis professionnelles) entre ces musiciens, dont témoignent les nombreuses collaborations musicales transversales et qui a permis de les identifier comme un regroupement d’artistes plutôt unitaire. En second lieu, dans l’attitude des groupes et des musiciens de Canterbury généralement caractérisée par un understatement qu’on pourrait définir comme « typiquement » britannique, qui les éloigne à la fois des postures flamboyantes des vedettes du rock, mais aussi de l’intellectualisme souvent affiché dans les contextes des musiques savantes « contemporaines » et du jazz.

Ce colloque, dont les langues seront le français et l’anglais, se propose comme un moment de rencontre, de débat et d’approfondissement autour de cette «scène de Canterbury». Les organisateurs envisagent de lui donner une dimension pluridisciplinaire qui permettra d’aborder autant les sujets proprement musicologiques ou musicaux que ceux relatifs aux aspects sociologiques, culturels, littéraires, voire économiques.

Appel à contributions:

Les propositions de communication, incluant un résumé de l’intervention (400 mots maximum) et une brève notice biographique, devront être envoyées à l’adresse suivante avant le 30 septembre 2020 : colloque.softmachine@gmail.com
Elles seront évaluées par le comité scientifique mentionné ci-dessus. L’appel concerne a priori des interventions de 20 minutes (suivies d’un temps de discussion) consacrées aux thématiques suivantes, en restant ouvert à d’autres suggestions :

– histoire de la « scène de Canterbury » ou des groupes/artistes individuels
– analyse musicale de morceaux particuliers et approches analytiques diverses
– étude de la performance scénique
– étude des textes chantés : dimension poétique, surréaliste ou humoristique
– étude des textes rédigés par les musiciens (pochettes d’albums, articles), des entretiens réalisés avec eux, des partitions éditées
– héritage artistique et culturel de la « scène de Canterbury »
– aspects sociologiques
– rapport de ces groupes et artistes avec l’industrie discographique
– iconographie : étude des pochettes d’albums, des affiches
– mise en perspective de la «scène de Canterbury» face à d’autres scènes musicales underground et à la scène rock en général
– étude de projets récents réalisés en hommage à ces groupes.


Thursday 19. november 2020 afternoon, Salle du Fossé des Treize – Friday 20. november 2020 morning and afternoon, Amphithéâtre du Collège Doctoral Européen ;
Concert on 19. novembre at 20h30pm with special guest John Greaves, Salle du Fossé des Treize.

The term “Canterbury scene” refers to a group of rock bands and musicians, mostly English, active from the late 1960s and during the 1970s. The town of Canterbury, Kent, was the place where many of the musicians in question, still in their teens, met and began to collaborate; from this first nucleus, several bands and musical projects developed here and there, such as Soft Machine, Caravan, Gong, Matching Mole, Hatfield and The North, National Health, or Robert Wyatt’s first solo projects.

From a musical point of view, the stylistic diversification of Canterbury’s bands is such that it seems difficult to speak of a true unitary genre of music: indeed, rock represents only a linguistic koïné from which the artists in question search for their own languages, by way of psychedelia and sound editing, sometimes inspired by free jazz, sometimes by a writing close to minimalism, or even by choosing the paths of a pop songwriting tinged with humour.

The common points of this “scene” (the quotation marks stand out) are to be sought rather outside of the stylistic traits themselves: first of all in the existence of a network of relations (firstly human, then professional) between these musicians, as shown by the numerous transversal musical collaborations, which has allowed them to be identified as a rather unitary group of artists. Secondly, in the attitude of Canterbury groups and musicians generally characterized by an understatement that could be defined as “typically” British, which distances them both from the flamboyant postures of rock stars, but also from the intellectualism often displayed in the contexts of contemporary music and jazz.

This colloquium, whose languages will be French and English, is intended as a moment of meeting, debate and deepening around this “Canterbury scene”. The organisers are planning to give it a multidisciplinary dimension that will allow the participants to tackle both musicological and musical subjects as well as sociological, cultural, literary and even economic aspects.

Call for Papers :
Proposals for papers, including an abstract of the intervention (400 words maximum) and a short biographical note, should be sent to the following address before September 30, 2020: colloque.softmachine@gmail.com.
They will be evaluated by the scientific committee mentioned above. The call for papers will consist of 20 minutes (followed by a discussion period) devoted to the following themes, but is open to other suggestions:


– history of the “Canterbury scene” or of individual groups/artists
– musical analysis of particular pieces and various analytical approaches
– stage performance study
– study of sung texts: poetic, surrealist or humorous dimension
– study of texts written by the musicians (album covers, articles), interviews with them, published scores, etc.
– the artistic and cultural legacy of the “Canterbury scene”.
– sociological aspects
– the relationship of these groups and artists with the record industry
– iconography: study of album covers, posters, etc.
– Putting the “Canterbury scene” in perspective with other underground music scenes and the rock scene in general.
– study of recent concert or recording projects carried out in homage to these groups.

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